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samedi, 05 avril 2008
La crise financière actuelle.
La pseudo compléxité de la crise actuelle sert un pouvoir médiatique et financier trop heureux de vous faire croire à l'illégitimité de votre critique du système. Et bien ceci n'est pas acceptable.
Vous etes :
1°) En droit de comprendre ce qui se passe sur les marchés financier,
2°) en devoir de critiquer le système,
3°) en devoir de vous révolter contre lui,
4°) en devoir d'instruire vos proches.
Cette article est là pour celà. Saisissez-vous en, et faite passer.
Explication de la crise financière actuelle.
Les fonds spéculatifs (Hedgefund) se sont très engagés dans la spéculation immobilière aux Etats-Unis. Ils ont entrainé beaucoup de banques d'affaires dans des montages financiers qui fonctionnaient tant que le marché était à la hausse. Ainsi même les américains les moins fortunés se sont endettés (Subprimes) bien au-delà du raisonnable.
Le « risque » a été financiarisé et mis sur le marché par le moyen de la « titrisation ». Cette pratique, courante sur les marchés financiers, permet de se débarrasser du risque en le vendant et ainsi avoir le sentiment permanent qu'il n'existe plus.
Le mot "subprime" désigne un marché d'acquereurs immobiliers à qui normalement les banques ne prettent pas car leur revenu est trop faible et/ou leur apport est trop bas. Elle ne prettent qu'aux riches c'est à dire à ceux qui sont sur le "prime"; c'est à dire le marché des "solvables".
Les prêts à taux variable, ce qui n'est pas dommageable tant que les taux sont bas. Dès que les taux montent, le cauchemar commence. Les mensualités montent au-delà de ce qu'il est suportable pour les ménages, et c'est la faillite personnelle dans bien des cas.
La valeur mobilière du bien acheté devient la garantie bancaire, ce fût le cas aussi pour les subprimes. La chute des valeurs immobilieres a mis les ménages devant la dévalorisation de leurs garanties. Les règles comptables imposent aux banques d'intégrer ces dévalorisations dans leurs bilans ce qui conduit à la dépréciation de leur capitalisation boursière. En clair, la bourse chute tout aussi irrationnellement qu'elle était montée auparavant, d'une façon totalement déconnectée de l'économie réelle. C'est le principe de l'éclatement d'une bulle spéculative; comme en 2001, comme en 1997, comme en 1987, comme en 1929...comme, comme, comme.....
Jusqu'à aujourd'hui les difficultés des hedgefund n'apparaissaient pas car la loi américaine ne les oblige pas à évaluer en valeur de marché leurs actifs, même très dépréciés. Ceci est justifié car ils travaillent avec des fonds bloqués à terme. Les investisseurs s'engagent à ne pas retirer leurs avoirs avant un certain laps de temps. C'est le principe de « lock-up ». Il a largement concouru à masquer les dépréciations jusqu'au premier trimestre 2008.
Les « petites pertes » passagères sont masquables un certain temps. Si la situation se dégrade ou dure, le phénomène devient cumulatif et les pertes désormais affichables sont alors abyssales. Ce fut le cas du fond « Carlisl » pour 16 millards de $. Et comme ce hedgesfund s'est financé à court terme aupres de la banque d'affaire « Bear Stearns », elle s'est trouvée devant un trou immédiat de liquidité d'autant, venu s'accumuler à ses propres problèmes de liquidité vieux de plus de 6 mois.
En clair , la Bear Stearns était en faillite avant l'intervention de la banque « JP Morgan ».
Les acteurs financiers du secteur spéculatif sont par nature très endettés. Ils pratiquent avec un fort « effet de levier ». A force de voir durer la crise financière, ils sont obligés de répercuter les pertes de l'actif sur le passif faisant remonter ainsi l'endettement jusqu'aux banques. Et c'est finalement l'imbrication totale du système qui a conduit à la généralisation de la crise.
Par la titrisation, les banques avaient externalisé les risques pour ne conserver que les profits. Les banques se retrouvent dans la situation de devoir fournir de la liquidité immédiatement ce qu'elles ne peuvent faire; d'ou leurs difficultés; ou leurs faillites comme pour la Bear Stearns.
Tout ce « hors bilan », que les banques ont contribué à créer et qui traine partout sur la planète financière, finit toujours par ressurgir à un moment ou un autre sous forme d'un tarissement du refinancement ou par contagion de la suspicion de fragilité.
C'est précisement ce que nous vivons actuellement bien que paradoxalement le monde croule sous les liquidités. Elles sont là mais elles ne circulent plus.
A la mi mars 2008, un hedgefund (Carlisle) fait faillite, et beaucoup d'autres sont en très grande difficulté. La Banque Fédérale (la Fed) est alors obligée de se substituer aux banques en ouvrant en grand les vannes de la liquidité vers des opérateurs financiers aux abois à qui plus personne ne veut prêter un centime. Cette opération de sauvetage a pour effet de confirmer au reste de la planète financière, l'agonie du système et entraine le perte de confiance totale envers les fonds spéculatifs. La Fed a tué le peu de confiance qui restait.
En même temps ce discrédit global jette le trouble sur les marchés actions a propos de la valeur boursière des banques. La spirale baissière est engagée: tout le monde vend avant de se retrouver à la tête d'un portefeuille acheté à prix d'or et devenu invendable.
On entre actuellement dans une nouvelle phase de la crise des subprimes. La baisse des prix est accentuée par la mise sur le marché de toujours plus de biens immobiliers.
Plus les prix baissent, plus les ménages sont en difficulté. Tous les crédits contractés, y compris les crédits à la consommation étaient garantis par un bien immobilier désormais en pleine dépréciation. Plus les ménages sont en difficulté plus les banques saisissent de biens immobiliers qu'elles remettent immédiatement sur le marché. Le cercle infernal ne se tarira pas avant que tous ceux qui ont contractés des subprimes soient à la rue. Au Etats-Unis il existe un système de faillite personnelle. Il permet aux ménages de se débarrasser de leurs dettes en laissant leurs biens. On estime qu'actuellement seulement 50% environ d'entre eux ont fait faillite; il en reste encore autant. Après 10 ans de spirale haussière dans l'immobilier on est entré dans une spirale baissière tout aussi exubérante.
La Fed n'a pas d'autre objectif que tenter de casser cette descente aux enfers. Pourtant, malgré tous les milliards injectés pour sauver le système, la contagion est inéxorable et s'étend à tout le secteur bancaire américain, et par ricochet européen. Les 5 milliards d'euro de pertes de la Societé Générale en sont le parfait exemple.
La peur est mauvaise conseillère, surtout en matière de finance. Les ventes massives d'actifs (actions, obligations, immeubles...) que l'on observe actuellement servent à rembourser les prêts ce qui pousse tous les marchés des valeurs mobilières à la baisse. Le CAC40 a ainsi perdu 20% depuis le début de l'année.
Pour qu'il n'y ait eu que 20% de baisse il faut bien qu'une grande partie des actifs aient trouvés preneur! Qui a acheté? Ou sont partis les actifs vendus? En Chine, et chez les acteurs financiers du pétrole qui profitent et alimentent la spéculation sur le baril. Ils font en ce moment de très très bonnes affaires.
La contagion aux USA passe depuis le début de l'année par les compagnies d'assurance dites « monoline » car elles n'ont qu'une seule activité spécialisée comme la réassurance du crédit. Les pertes sont déjà tellement énormes qu'elles n'ont plus les moyens d'assurer quoi que ce soit d'autant plus qu'elles n'ont que peu de capital et ont déjà beaucoup d'endettement.
On continue, et ce sont, par ricochet cette fois, les entreprises qui sont touchées par l'accroissement du doute sur la masse de leurs crédits, et conséquence immédiate, on voit un ralentissement de l'investissement en parallèle du ralentissement de la consommation déjà dommageable à l'économie.
La titrisation, c'est à dire le processus de financiarisation du risque, a été un terrible moyen de discrimination du risque entrainant la perte de confiance dans le système.
Pour arrêter cette spirale baissière la Fed a racheté les crédits que les banques détenaient, et pas seulement les crédits pourris, en les échangeant contre des «bons du trésor». Cette valeur refuge que tous les peureux s'arrachent désormais. Elle a injecté 200 milliards de dollar de liquidités en mars pour éviter que les banques ne vendent. La Fed se charge du « risque » en rachetant les crédits donc elle «nationalise» les pertes et les futures pertes.
L'étape suivante est la création d'un organisme public pour racheter les crédits, comme ce fut le cas en 1934 quand Roosvelt créa la « Reconstruction Finance Corporation ». Le génie de Roosvelt à l'époque fût de reconstruire une réglementation afin d'empêcher les banques de recommencer. La déréglementation des 30 dernières années combinée aux moyens informatiques ont de nouveau conduit au désastre.
Cette fois l'administration Bush «socialise» les pertes mais ne rétablit aucune régulation.
Les plus optimistes pensent que les USA seront obligés de réguler compte-tenu de l'abysse financier qui s'ouvre devant nous.
En économie tout est lié. L'effondrement du dollar n'ayant plus de justification macroéconomique, il faut chercher du coté de l'irrationel la vente massive de billets verts actuellement. Jusqu'en 2006, le dollar baissait afin de réduire artificiellement le déficit américain. Depuis la crise des subprime on assiste à une déconnection de la valeur intrinsèque du dollar des réalités macroéconomiques. La dépréciation n'est plus sous contrôle des américains mais devient la manifestation d'une défiance mondiale face à une situation jugée delétère conduisant les non résidents à se débarrasser de leurs actifs libellés en dollar.
La baisse n'est plus le simple fait de l'écart des taux entre la Fed et les autres Banques centrales comme la BCE, mais traduit la grande braderie du dollar par les acteurs financiers y compris américains ; mais en toute discretion. Il se produit sur le dollar une spirale baissière comme pour l'immobilier.
L'endiguement de la chûte du dollar ne peut être que la conséquence d'une coordination internationale comme en 1987 à la suite des accords du Louvre. Le contexte est aujourd'hui très différent, nous sommes au milieu d'une crise financière, à l'époque ce n'était pas le cas. Les sommes en jeu sont sans commune mesure.
Un dollar trop faible pourrait avoir comme conséquence immédiate la relance massive de l'inflation aux Etats-Unis. Avec un dollar devenu monnaie de singe, les pays producteurs de pétrole ne vont pas tarder à réagir.
Une nouvelle défiance du dollar produirait un bloquage de la baisse des taux longs américains et donc accentuerait la crise financière des ménages par un nouveau tarissement des liquidités. Cette situation catastrophique nous entrainerait alors tous dans le gouffre financier américain.
La crise bancaire actuelle est telle que des faillites en cascade ne sont pas à exclure. La Fed a pris la mesure du problème et fait tout pour sauver le système bancaire. Elle a par exemple ouvert son guichet d'escompte aux courtiers de Wall Street ou encore provoqué le rachat par la banque JP Morgan de la Bear Stearns.
Au pire la Fed ira jusqu'à nationaliser totalement le systeme bancaire comme ce fût le cas en Suède en 1992. Son objectif est de ne pas laisser s'écrouler les banques de détail. Il ne faut à aucun prix rompre la chaine des transactions courantes, véritable épine dorsale de nos économies réelles modernes.
Si on en arrivait à cette extrémité s'en serait définitivement fini du système capitaliste ultralibéral américain. L'alternative serait alors à inventer.
17:43 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, financiere, subprime, banque, affaire, carlisl, fond







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Commentaires
Excelente analyse mais ne perdons pas de vue qu a chaque fois qu une banque a fait faillite... elle etait dans beaucoup de cas privatisé.... donc a la sortie le contribuable ... finance la derive de nos tétes pensantes et trébuchantes....
le dernier exemple chez nous le credit lyonnais et recemment une banque de londre ......pourtant tres libérale et conservateur le systeme anglais.
Peut etre un debut d une nouvelle alternative ?
salut
Ecrit par : alainf | lundi, 24 mars 2008
>elle etait dans beaucoup de cas privatisé.... donc a la sortie le contribuable ...
Si ce n'etait que les contribuables, apres tout ca ne me generait en rien. Le contribuable est celui qui paye des impots c'est a dire celui qui a les moyens de le faire . C'est a dire moi par exemple.
Le problème est que ce sont surtout et avant tout ceux que le systeme met au chomage qui payent (par la TIPP, par la TVA...) pour sauver ces banques...et la c'est somme toute plus genant NON?
Il est grand temps de tout nationaliser. Comme disait V.Auriol : "Les banque je les ferme et les banquiers je les enferme."
Phrase prophétique....enfin j'espère
Ecrit par : jm | lundi, 24 mars 2008
te rassure tout de suite tu n es pas le seul contribuable... ca ce serait forcement et la pour le coup te dit pas le montant que tu paierais.... plaisanterie a part .
Une reflexion que je me fais aussi au dela de la crise américaine ... celle de la France qui depuis quelques années a vu les prix de l immobilier flambé et les delais des prets ... se rallonger jusqu a 40 ans .... vaut mieux pour celui ou celle qui a souscrit d etre fonctionnaire !!!!Pour celui ou celle qui es dans le privé j espere pour eux qui ont le coeur bien accroché avec l incertitude de l emplois .
Certe la france n est pas les us.... mais le fond du probleme reste entier pour tout ceux qui ont achete en haut de la fourchette .... puisqu'on constate une baisse des prix du marché.
un renseignement a quand la prochaine session: j ouvre mon blog... merci
salut
Ecrit par : alain.F | samedi, 05 avril 2008
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